Elle passe, dans son univers transparent

Nul ne la voit

Elle parle, nul ne l'entend

Elle n'a plus de voix

Pour dénoncer que son mari 

La bat, elle en a peur

Elle sait qu'il est parti 

En la menaçant, qu,il reviendra

Comme avant et qu'il recommencera

Dans cette prison sans barreaux

Elle erre donc dans sa maison

Sa peine ne trouve aucun écho

Ses parents lui répondent "non"

Quand elle révèle son malheur

Son père, sa  mère ne la croient pas

Et elle reste ainsi une plaie au coeur

Les amis du couple, ses beaux parents

L'accusent d'être une menteuse

Son mari prétend qu'il la rend heureuse

Aimable, gentil, souriant

On le plaint même d'avoir une femme

Si terne, si triste, si soucieuse

Elle voudrait disparaître, transparente

Dans ce monde qui la méprise

Elle ne remontera plus la pente

Enfoncée sous les faux semblants, la traitrise

De cet époux qui ironise

Derrière la vitre des surprises

Elle guette dans l'effroi 

Celui avec qui elle partage son toit

Mais, c'est de'rrière leur transparence 

Qu'elle singe d'une femme heureuse l'apparence

Tous les jours, elle feint

Achaque heure, elle craint

Un mot méchant, un geste violent

Ce cancer, petit à petit, la dévore

Jusqu,à sa délivrance : la mort !