Atteinte d,un sixième cancer du poumon qui plus est un cancer primaire, je suis d'abord scandalisée parce que je n,ai jamais fumé. Ensuite, j,en veux à l'équipe médicale de ne pas m,avoir prise au sérieux ; en effet, depuis 2015, je ne faisais que les aviser de mes crachements de sang, des pneumonies à répétition, du taux élevé de mes marqueurs cancérigènes, de mon essoufflement  et pendant trois ans je n'ai été reçue qu'une fois par an car j'étais soit disant en rémission après mon cinquième cancer je demandais à être vue au moins deux fois par an et en particulier par un spécialiste du poumon cancérologue. Après quatre cancers du sein (en 1985, en 1998, en 2000 et en 2010 chaque fois cancer traité par ablation de la tumeur et radiothérapie suivie d,une récidive traitée par ablation du sein et chimiothérapie), il était légitime que je sois inquiète et ils n'ont rien fait ! Pourtant j'ai meme écrit au directeur du centre anti cancéreux, je lui ai rappelé qu'en 2000, j,étais intervenue pour avoir les résultats d'un examen¨médical fait il y avait quatre mois. J,avais raison de craindre c'était bien un cancer et j'ai été opérée en urgence. Il a fallu que je me batte pour pouvoir passer dans les trois mois qui suivaient l'opération la radiothérapie. En 2010, un remplaçant n'avait pas voulu m'examiner sous prétexte que la mammographie passée en ville était bonne. Or la radiologue m'a avoué après que la machine à mammographie n'avait pas été révisée et c'est pour celà qu'elle n'avait pas vu la tumeur. Alors j,ai fait une autre mammographie préconisée par un médecin de province qui à un mois d'intervalle a montré un nodule suspect comme le cancérologue et le centre anti cancéreux refusaient de me prendre au sérieux, je suis allée au centre anti cancéreux de Bordeaux qui a confirmé par des examens que c'était bien un cancer au sein droit récive !. Je n,ai eu que l'épithète "revendicatrice" sur mon dossier médical alors que mes craintes étaient justifiées. Cette année c'est pareil malgré mes demandes réitérées aux cancérologues, à ma généraliste; on m'a laissé perdre trois ans (je ne leur en veux pas de ne pas avoir trouvé mais je leur reproche de ne pas m'avoir reçue et prescrit des examens adéquats (pour moi, c'est presqu'un abandon de personne en danger) ! La vérité, c,est que si je n'avais pas vu de moi même une pneumologue en ville et'elle me prescrive un scanner avec injection cette fois on n'aurait pas trouvé le nodule suspect au poumon. Trois mois après à l'institut anti cancéreux on me diagnostique un cancer du poumon et je perds encore un moi afin qu'on détermine que c'est un cancer primaire au poumon ce qui est plus grave qu'une métastase du cancer du sein précédent. Je suis invitée à consulter un chirurgien thoracique qui a refusé de m'opérer de la tumeur à cause de mon insuffisance respiratoire et cardiaque.Il est vrai que dans un grand hôpital, on m'a placé une valve cardiaque en 2016 à cause de mon retrécissement aortique mais pour le suivi c'est nul : je n'ai vu qu'une fois après l'opération et à ma demande le chirugien qui m'avait opéré par TAVI. Une seule fois un cardiologue qui s'est permis d'annuler le second rv sous prétexte que j'étais suivie en rythmologie une fois ou deux fois par an. On m'a placé un reveal et je l'ai toujours alors dans d'autres hopitaux ils l'enlèvent au bout d'un an ! On me fait passer un holter et on ne me donne les résultats que six mois après  !!! Je suis très malheureuse car j'ai été très mal suivie.

Pour mes deux premiers cancers ceux que j'ai eus en province une maladie d'Hodgking à 17 ans et le premier cancer du sein à 28 ans, j'étais mieux suivie et surtout on ne m'accusait pas d'etre "revendicatrice" 

J,Ai PEUR DE MOURIR vu les statistiques très mauvaises pour le cancer du poumon, un des plus graves avec le cancer du foie et le cancer du pancréas ! 

Et j'attends dans l'angoisse le traitement qu'ils décideront  alors que des personnes "bien intentionnées" me téléphonent pour me dire que X est mort en un mois d'un cancer au poumon non opérable, et que Y est morte du cancer du poumon en six mois !

Au lieu de me donner de l'espoir, le cancérologue m'a fait un certificat médical pour que je puisse annuler ma cure, rédigé en ses termes "cancer stade avancé, récidives à répétition". Il me fait envoyer cela par la poste alors qu'il n'avait pas le temps de discuter avec moi quand il m'a annoncé assez brutalement que c'était bien un cancer du poumon !

Je témoigne ainsi parce que je supplie les femmes qui ont des cancers du sein de combattre comme moi pour sauver leur vie. Oui, elles ont droit à avoir les meilleurs examens, à être examinées correctement lors des visites médicales, et surtout qu'on les prenne au sérieux quand elles exposent leurs symptômes et qu'elles demandent qu'un délai raisonnable soit pris entre l'annonce qu cancer et les traitements.

J'ai sacrifié beaucoup de choses dans cette lutte incessante contre le crabe. D,abord, je vis seule et c'est mon choix après avoir vécu avec un mari violent qui me disait des phrases cinglantes comme "qui voudra de toi avec deux cancers", "le troisième cancer tu seras toute seule" "tu perdras tes cheveux" "tu n es bonne à rien même pas à avoir des enfants !" "tu peux commander le cercueil" et en plus il a été violent physiquement. Je me suis battue presque dix ans pour obtenir le divorce à ses torts exclusifs et pour ne pas trop être lésée dans le partage (j'avais cinq certificats médicaux et des témoignages à l'appui et même devant la juge il a continué à nier !) J'ai eu également après mon divorce un compagnon qui s'est jeté violemment sur moi m'a frappée alors que je me cachais sous une table. Il me trompait, était distant et surtout n'a jamais avoué à ses parents qu'il m'avait frappée parce qu'ivre. Je suis seule aussi parce que la chimio m'a rendue stérile et aussi parce que chaque fois que je disais la vérité sur mes cancers, les lymphoedèmes le présummé prétendant ou simplement ami prenait la poudre d'escampette. J'ai sacrifié sur le plan physique mes deux seins et la reconstruction ratée m'a laissée une cicatrice affreuse dans le dos, des faux seins difformes. J'ai tout supporté pour vivre, vivre, vivre. Je ne veux pas mourir, je veux vivre j,ai encore trop de lieux à découvrir ou à redécouvrir, tant de musiques classiques à aimer, tant de pages à écrire et tant de livres à lire, tant d'artistes à chérir (peintres, musiciens, écrivains). Ces artistes du passé séparés de moi par les siècles et les pays sont de véritables amis qui m'aident à supporter ma maladie et à me battre pour un avenir meilleur.